La surchauffe immobilière n’épargne pas les chalets. Pour fuir la ville, certains tournent parfois les coins ronds. Petit guide pour prendre une décision éclairée.

En 2021, le prix des habitations récréatives au Québec devrait augmenter de 15 % pour atteindre 292 000 $. C’est du moins ce que nous prédit le sondage printanier de Royal LePage. Et cette plus-value suit une hausse de 18,8 % survenue l’année précédente. À ces vents contraires s’ajoute un inventaire de propriétés qui rétrécit comme peau de chagrin. En d’autres mots, les occasions d’affaires et les belles propriétés se font rares. Les offres multiples abondent et contribuent à la surenchère. Pour en finir, de plus en plus laissent même tomber la clause d’inspection ou achètent sans garantie légale.

Le dernier baromètre trimestriel de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) confirme également cette flambée des prix. Un marché immobilier dit équilibré entre les acheteurs et les vendeurs prend en moyenne de huit à dix mois pour écouler l’inventaire de résidences inscrites. «Il y a aujourd’hui entre quatre et deux mois d’inventaire, ce qui favorise une forte accélération des prix», remarque Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché à l’APCIQ. Et toutes les régions sont touchées. Par exemple, à Charlevoix, on estimait l’an dernier qu’il faudrait 32 mois pour écouler l’inventaire alors qu’en avril, l’agglomération se rapprochait de l’équilibre avec un délai d’environ 11 mois. Les secteurs de la Côte-Nord, Alma, Matane et Dolbeau-Mistassini sont un peu moins touchés. «Mais là encore, le marché avantage les vendeurs», observe l’analyste. «Il y a une surchauffe en Estrie, tout comme dans les Laurentides, en raison de la distance raisonnable du centre-ville de Montréal», ajoute Joanie Fontaine, économiste principale chez JLR Solutions foncières. Est-il alors trop tard pour faire l’acquisition d’une résidence secondaire? Pas nécessairement!

Cerner nos envies

«Bien avant de magasiner un chalet, on doit s’interroger sur les raisons qui motivent cet achat afin d’éviter des erreurs coûteuses», affirme d’emblée Éric Léger, courtier immobilier Royal LePage Humania, dans les Laurentides. Selon lui, la clé d’un bon achat n’est pas uniquement le prix, mais aussi de bien définir ce qu’on convoite. D’abord, pourquoi souhaite-t-on acheter un chalet? Combien d’années envisage-t-on d’y habiter? Cette propriété deviendra-t-elle notre résidence principale à la retraite? Sera-t-elle un lieu de rencontre familiale avec les enfants et petits-enfants? Veut-on la léguer à notre progéniture?

Certains recherchent la sainte paix, loin des axes routiers. D’autres voudront plutôt se rapprocher des services essentiels comme un hôpital, une pharmacie ou une épicerie de village. Si on rêve d’un chalet en bordure d’un lac, est-ce pour se baigner, pêcher, faire des sports nautiques ou simplement pour observer la faune? Souhaite-t-on, par ailleurs, demeurer à proximité des lieux offrant des activités récréatives comme le ski alpin, le ski de fond, le vélo ou la randonnée en montagne? Un télétravailleur, par exemple, pourrait vouloir une bonne connexion internet même pour sa résidence secondaire. «Le territoire québécois est grand, indique le courtier immobilier. Mieux vaut être le plus précis possible en cernant bien nos désirs. On pourra alors identifier certains secteurs.»

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Par Guy Harton